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Edito
Bien....nous en voici à l'édito, le moment où l'on explique pourquoi nous avons crée un blog...bien bien bien...
Et bien justement, la raison est assez simple, pour partager avec qui le souhaite mon quotidien actuel, et quel est mon quotidien ? A 24 ans, je devins veuve....si j'en ai le statut officiel, j'en ai du moins la douleur....Aujourd'hui, à 29 ans, j'ai reconstruit des histoires d'amour, je me suis faite plaquée, j'ai des amis, un boulot, des passions. Et j'ai eu envie d'en rédiger des billets. Pourquoi ? Pour parler de la vie, de l'amour, de l'amitié, du sexe, de la souffrance, de la joie, de tout quoi... Et je me dis que partager nos expériences est le plus riche, alors, laissez vos commentaires, parler de vos propres expériences de rupture, d'amour, de deuil, échangeons ensemble...
parlons de la vie.
Jeudi 4 décembre : que signifie le sexe ?
Publié par selfhiya dans La vie, simplement : 2008
Et me voilà de retour... avec de fraiches nouvelles peu glorieuses...
Comme je vous disais dans mon billet précédent, je devais aller à Rome avec Mr R. afin de jouer ensemble. Pour ce qui est du théâtre, ce fut bien, nous n'avions quasi pas de public malheureusement mais j'ai expérimenté de nouvelles choses au sein de mon jeu. Des choses douloureuses mais riches. Mais là n'est pas réellement le propos de ce post. Qu'en est-il me direz-vous ? Je veux parler ici de ma fidélité, ou plutôt de mon infidélité... Et oui, j'ai recouché avec Mr R. et pas qu'un peu... tous les soirs... Que dois-je en penser ? D'une part, que je suis passablement ridicule quand je relis mon ancien billet où je me targue avec orgueil de souhaiter rester fidèle à mon cher Mr M., d'autre part, que je suis manifestement incapable de résister à Mr R. Je rappelle aux absents que j'ai été fort amoureuse de Mr R. il y a un an de cela, que nous avons vécu une histoire, mais qu'il a finalement choisi de rester avec sa copine parce que oui, le sieur est en couple depuis de nombreuses années. Pourquoi est-ce que je recouche avec Mr R. ? Au fond, je ne sais point trop, surtout qu'au niveau cul, ça se passe désormais terriblement bien avec mon Mr M. Il fut un temps où ce point était passablement ardu entre nous, il fallait que l'on trouve notre sexualité, c'est désormais chose faite, on s'éclate tous deux au pieu. Alors pourquoi ? Pourquoi suis-je infidèle ? Pourquoi est-ce que je le trompe ? Parce que très sincèrement, je n'ai pas envie de le tromper avec n'importe quel couillon qui passe. Je n'ai pas envie de sexe pour du sexe. J'eus envie dans le passé mais aujourd'hui, ce que je vis avec mon homme me comble et je ne souhaite pas forniquer avec des inconnus. Je l'ai fait, j'ai trouvé ça rigolo mais je suis actuellement passée à autre chose. Alors quoi ? Pourquoi ne puis-je résister à Mr R. ? Là est toute la question. Serais-je encore amoureuse de lui ? Je me sens amoureuse de mon Mr M., vraiment, et je n'ai absolument pas envie de le perdre. Pour autant, je me sens incapable de résister aux avances de Mr R. Quelque part, elles sont sans danger pour mon couple, puisque nous avons discuté de nos points de vue et que les choses sont claires : il aime sa copine et ne veut pas la quitter. Il aime me faire l'amour, ça oui, mais il ne veut pas aller plus loin. Ce sont juste des moments partagés qui n'existent que pour ce qu'ils sont : des moments. Ce sont des temps figés dans un espace-temps particulier, ils n'iront pas plus loin. Alors si je pousse ma réflexion intérieure un peu plus loin, est-ce que j'aime ces moments parce qu'ils sont éphémères ou est-ce qu'ils représentent un partage que je voudrais et que je ne pourrais avoir ? Est-ce que je suis avec mon homme parce que je ne peux être avec Mr R. ? Est-ce que j'aime encore Mr R. ? Ou vivons-nous une relation d'amants comme il en existe tant ? N'est-ce que du sexe teinté de tendres sentiments ? Ou est-ce un amour frustré qui s'exprime ? Frustré par sa lâcheté, puisqu'il n'ose pas mettre en question son couple. Ou alors, il est véritablement amoureux d'elle. Mais à ce moment, que cherche-t-il avec moi ? Pourquoi nous couchons ensemble épisodiquement depuis un an et demi ? Nous n'aurions couché ensemble qu'une fois et les choses ne se seraient pas reproduites, je verrais cette histoire comme un moment particulier. Mais là.... Nous avons fait l'amour durant 10 jours l'été 2007, nous nous sommes revus une fois au courant de cet été et nous avons de nouveau couché ensemble. Puis, un an passa durant lequel il se tint distant de moi, il était même glacial, sans doute pour être clair à mon égard. Mais en juin 2008, nous vécumes une soirée sans sa chérie et nous couchâmes ensemble. L'été, cet été passa et nous ne nous revimes plus. Puis, nous sommes partis ce week-end ensemble, sans nos conjoints respectifs et nous avons fait l'amour tous les jours, durant les quatre soirs de ce week-end. Nous couchâmes ensemble dès le premier soir, comme si nous attendions ça depuis des plombes... Qu'est-ce ? Qu'est-ce qui alimente ce comportement dans le fond ? Quand nous en discutons, nous sommes très clairs, dans nos propos du moins. "J'aime ma copine, je ne suis pas amoureux de toi, j'aime faire l'amour avec toi mais ça s'arrête là". Ses termes sont clairs, évidents, c'est certain mais le comportement l'est-il ? Qu'est-ce qui nous pousse à ses actes ? Un magnétisme, une attirance érotique incroyables mues par rien d'autre que du désir physique ? C'est tout ? Ca s'arrête là ? Le désir peut-il perdurer sur une période aussi longue ? Si ce n'était que du désir, ne se serait-il pas essouflé une fois assouvi ? L'attirance que nous éprouvons n'est-elle qu'érotique ? N'y a-t-il aucun sentiment qui nous porte ? Au fond, je n'en sais rien. Je sais que ce n'est pas l'extase au lit avec sa copine... ça, ça ne va pas dans le sens de sentiments. Il peut en effet coucher avec moi parce qu'on se fait plaiz au lit. Certes. J'entends bien pour les premières fois, mais pour les autres fois ? Et le fait que lors de notre week-end, nous ne couchons pas simplement une fois mais tous les soirs, comme si nous voulions en profiter le maximum que nous pouvons ? C'est juste parce que je serais un super coup ? C'est flatteur sur le plan sexuel, mais très honnêtement, certes, j'aime le sexe, je n'ai pas de tabou et je suis assez libre mais bon... de là, à ce que le garçon y revienne dès qu'il peut, c'est me donner trop d'honneur sexuel. Mes seules compétences au pieu ne me semblent pas justifiés toutes ces incartades. Et c'est réducteur pour le coup sur ma personne. J'apprécie me défendre dans un lit, mais bon, j'aimerais également qu'il y ait quelques sentiments qui se tassent derrière tout ça, ce serait meilleur pour mon égo. Mais va savoir, peut-être qu'on baise juste parce que cette baise lui fait grave plaiz ? Et qu'il trouve un pied avec moi qu'il n'a pas chez lui. Et c'est tout. Pour autant, pour avoir couché avec plusieurs gars, je me suis très rapidement rendue compte qu'on fait vite le tour d'une baise sans le moindre sentiment. Ca a beau être sympa, on s'en lasse. Comme je vous le disais, on n'aurait fait ça qu'une fois, je serais convaincue que tout n'était qu'une hsitoire de cul. Mais ce facteur temps et répétition sur plus d'un an m'interroge... Que se passe-t-il ? Que signifie ce sexe entre nous ? Il reste que c'est ma première expérience de ce genre sur du long terme, et sans doute, que je me plante et que je vois des choses là où il n'y a rien. J'en sais rien, faudrait que j'en discute avec des personnes qui ont connu ce genre d'histoires... Le fait est que ça me déstabilise évidemment. Et je remarque avec une profonde tristesse que je n'ai parlé que de cette coucherie dans ce billet et que c'est à peine si j'ai évoqué mon homme... Je crains. Je suis manifestement très égoistement obnubilée par ma relation de ce vikend et je ne réfléchis même pas aux conséquences sur mon couple... La vérité est que je ne compte pas rompre avec mon chéri. Je devrais sans doute pour obéir à une éthique, une morale, pour être honnête, voire, pour obéir à des sentiments... mais j'en suis incapable. J'aime Mr M., de travers, mal, comme une tordue, mais je l'aime. J'aime sans doute encore Mr R., je ne sais de quel amour, mais surement. Pour autant, je ne suis même pas sure que je quitterais mon homme si Mr R. venait à moi en disant qu'il plaque tout pour moi... Dans les faits, je n'ai pas à me prendre le chou avec ça, ça n'arrivera pas. J'aime mon homme, j'aime ce qu'il est, ses névroses, ses envies, ses délires, son humour, son physique aussi, ses projets, ses visions. J'aime ce qu'il est. Je suis bien avec lui, je me sens en sécurité, heureuse. Peut-on aimer deux hommes en même temps ? Sans doute, d'un amour différent mais sans doute. Je ne veux pas le quitter. Par peur de la solitude ou par amour ? Parce que c'est plus facile d'être avec lui ? Je ne crois pas. Je connais la solitude, je l'ai beaucoup vécu. Je n'ai tout simplement pas envie de me séparer de lui. Même si je suis infidèle, même si je suis malhonnête. Je l'aime comme une merde mais je l'aime. Je ne suis pas glorieuse, pas fière, je ne suis pas belle dans ma manière d'aimer mais tant pis. Je vais préserver mon couple, le garder, aimer mon homme et surtout, ne jamais lui révéler ce week-end. Pourquoi le faire souffrir pour rien ? Pour être honnête ? En accord avec des principes moraux qui n'apporteraient que de la souffrance ? Si Mr M. me trompe, qu'il le fasse, je lui ai déjà suffisamment dit, mais je ne veux pas le savoir ! Qui ne sait pas n'a pas mal, et ce précept marche tout aussi bien pour moi. Je vais faire en sorte que Mr M. n'est pas mal, et j'aimerais qu'il en fasse autant pour moi. Ne rien savoir et continuer à s'aimer même si on s'aime comme deux estropiés, qu'importe non ? Tant qu'on s'aime...
Mai : Où on a rompu (encore) et où j'essaie de faire avec....
Publié par selfhiya dans Correspondance avec mr m. Alors là, si je me souviens bien, on avait rompu -encore une fois, me direz-vous et vous avez raison - avec mon Mr M. et je tentais plus ou moins vainement de me mettre dans la dynamique de "allez, avançons, c'est fini, faut y aller msieur dames...", tout en conservant ben sûr le secret espoir que mon blond revienne vers moi....Bref, un travail de deuil tout pourri. Je voulais le récupérer, c'est tout. Et j'essayai vainement de me convaincre du contraire... hier, tu m'as dit de me reposer et de ne pas te parler sur l'instant. J'ai été sage, je t'ai écouté, j'ai dormi comme un bébé et j'ai aujourd'hui l'esprit plus clair pour te dire ce que je pense. Et je pense pleins de choses. Déjà, merci, merci, merci d'avoir été là pour moi hier. Peu de gens ont eu le privilège (un privilège, tu parles, belle ironie Lili....) de me voir dans l'état dans lequel tu m'as vu hier. J'en ai terriblement honte. Je n'aime pas, que dis-je, je hais ! afficher aussi ostensiblement ma douleur....Je me trouve faible, pathétique, vulnérable, fragile, geignarde....Je déteste me montrer dans cet état. (ndr : faut dire que j'ai passé une exécrable soirée, en larmes, gémissante, affreux...pas bô à voir...) Même Miss Lu. ne m'a jamais vu aussi mal, jamais, je ne me suis laissée aller ainsi avec elle. Elle m'a vu triste, pas bien, mais jamais aussi désespérée. Ah si, une fois, après que j'ai pris la tonne de médocs, là, forcément, elle m'a vu dans un très sale état....mais très vite, j'ai recommencé à plaisanter, à faire de l'humour, à déconner, à ironiser....Et c'est la seule fois où elle a eu droit à un tel spectacle, d'une affligeance déplorable.... Si je me laissais aller, je pourrais être ainsi tous les jours, quelle horreur ! Parce que bordel, j'ai mal, j'ai mal, tout le temps. Et de sentir à quel point j'ai constamment mal, fait que je veux disparaitre, que je me sens au bout du rouleau, que je souhaite que ça s'arrête. Je suis lasse d'avoir mal, lasse de souffrir. Lasse d'espérer en l'amour et de me prendre des claques, lasse d'essayer de vivre, lasse d'essayer de croire. J'ai été bien. Quand on était ensemble, quand on a essayé. J'ai été bien et donc, j'ai eu peur. Peur de perdre ce bien, peur d'avoir mal à nouveau, mal à en crever. Je t'ai parlé des conséquences de mes craintes en toute sincérité, résultat ? je t'ai perdu....Je me suis alors rendue compte à quel point j'avais envie de lutter contre mes peurs, envie de croire en nous, envie de vraiment tout donner à notre histoire. (ndr : oui et non. Je ne sais pas trop si je suis sincère là... Mes craintes ? C'était que j'avais peur d'être infidèle lui ais-je dit, la vérité, c'est que j'avais déjà été infidèle et que je m'en voulais...Je ne sais pas si j'avais envie de tout donner à ce moment, j'aimais encore Mr R...Pourtant, une part de moi voulait sans doute y croire, et l'autre doutait à mort...) Tu ne veux pas. L'impression que ça me laisse est horrible. Tu ne m'accordes pas ta confiance (ndr : et à raison !), c'est douloureux, très. Mes peurs t'ont fait fuir. C'est douloureux. J'étais bien, et le prix à payer pour mon honnêteté (ndr : hum, hum, quelle mauvaise foi, j'ai honte de moi...) a été l'abandon, c'est cher payé. J'avais peur de perdre, encore, et j'ai perdu, encore. Marre de perdre, marre de croire, marre d'essayer et de me prendre des portes dans la gueule. Marre de m'effondrer, de sombrer. (ndr : gnagnagna, quelle chouineuse sérieux...) Oui, j'ai eu des comportements étranges, oui, j'ai couché avec un autre, oui, on a été tout love, et alors, j'ai pris peur, et j'ai eu un comportement qui t'a posé, à juste titre, question. Oui, oui, oui. Mais putain Mr M., quand on me laisse, j'ai envie de mourir, je me fous des coups de tesson de verre dans le bras, je deviens folle, je ne me contrôle plus, j'essaie et je n'y arrive pas....La douleur m'envahit, me broie, me détruit. Dans ces moments, je ne souhaite qu'une chose, mourir, mourir, mourir. (ndr : vrai hélas pour le coup...) Je me strangule, je me donne des coups, je me détruis. Et un jour, j'ai peur de me tuer vraiment. Je ne sais pas si je le ferai, j'espère évidemment que non. Je hais te dire ça, je trouve ça ridicule....mais je suis sincère....Je me sens sur la corde raide, prête à sombrer. Putain, je ne suis qu'une merde. J'ai tellement honte.... Alors forcément, quand j'étais avec toi, j'étais bien, vraiment, et plus je l'étais, plus j'avais peur. Parce que je me disais : "s'il me quitte, je ne pourrai pas le gérer, ça me tuera....", au sens propre du terme. Et du coup, j'ai eu peur. Parce qu'une part de moi, la part vivante, joyeuse, qui lutte, la part la plus visible la plupart du temps, ne souhaite pas mourir. Mais la part qui souffre, la part qui a mal de la mort à Jean-Flo, la part qui a déjà bien trop souffert, est toujours là et me fait dérailler. Cette part veut juste rejoindre Jean-Flo, l'homme qui m'a tellement mais tellement aimé, et qui d'une certaine manière, m'aimera toujours.... Et lorsqu'on me quitte, je me dis que l'amour est mort, que le seul homme qui m'ait jamais aimé, et qui saura m'aimer est sous terre, et qu'il n'y aucune solution, si ce n'est le rejoindre.... J'ai peur de ma part sombre. J'ai eu peur d'être exclusive dans notre couple, par crainte des conséquences si tu me laissais. En étant non exclusive, je me laissais une porte de sortie, en fait, plus exactement, une porte de survie. Ok, il me quitte, mais je ne suis pas seule....Je ne sais pas si tu comprends.... Et je t'ai parlé de ses craintes. Et je t'ai perdu. Et ça a été horrible. Encore maintenant. Je n'ai pas le droit à l'erreur, je n'ai pas le droit d'avoir peur, je n'ai pas le droit d'avoir mal. Personne ne peut supporter qq'un comme moi, personne ne veut être à mes côtés. Je le comprends. Je suis fragile, sur la brèche, fébrile, inquiétante, compliquée, névrosée, torturée, passionnée, violente, suicidaire.... Si je suis sincère avec qq'un, si je suis vrai, si je suis moi-même, si je me montre en entier, la personne fuit. Elle refuse de m'aimer, elle refuse d'être mon homme. Et qui pourrait l'en blâmer ??!! J'aurais aimé que tu me donnes une chance, que tu me fasses confiance, que tu m'acceptes en entier, avec mes peurs, mes angoisses, mes névroses. Parce que si tu l'avais fait, si tu m'avais voulu à tes côtés, ça m'aurait redonné espoir en l'amour, en la vie, en moi. Je me serais dit "je peux être moi, je peux exister, je peux être aimée malgré mes félures, malgré mes blessures. Il m'aime malgré tout, il veut de moi malgré tout, il me pardonne, il me comprend...Je vais tout faire pour que nous soyons heureux...." Pour toi, je serais allée consulter, pour toi, j'aurais donné tout ce que j'ai pour vaincre mes peurs, pour toi, j'aurais lutté. Mais j'avais besoin que tu me tendes la main, que tu sois là, près de moi, que tu sois mon homme. J'avais besoin de me sentir aimée et comprise....pour trouver la force, la force de dépasser toutes mes peurs. J'avais besoin d'espoir, et tu aurais pu me redonner espoir. Mais tu ne veux pas. Tu as peur, tu crains d'avoir mal, tu ne veux plus souffrir par ma faute. Tu n'es pas prêt, tu n'as pas envie. Je le comprends d'une certaine manière. Mais ça fait trop mal. Hier, je n'avais plus d'espoir. Je n'ai plus espoir qu'un homme m'aimera avec tout mon passé, avec toute ma douleur. Mr M., je suis déjà allée consulter, plusieurs fois par semaine, pendant plusieurs mois. Je souffre aujourd'hui parce que l'homme que j'aimais s'est pendu. Je n'étais pas comme ça il y a qq années, je n'avais jamais attenté à mes jours, je ne m'étais jamais donné des coups, je ne me tailladais pas les bras, je n'explosais jamais de colère.... Je souffre de la mort de Jean-Flo et je lutte tout le temps. Que puis-je faire de plus ?? J'ai ré-investi le monde des vivants : 3 semaines après son suicide, je passais mes exams de maitrise, j'ai refais des blagues, j'ai déconné, je suis sortie, je suis partie en voyage, j'ai vu mes amis, tout le temps, j'ai continué mes études, j'ai repris le theatre, j'ai tenté de placer ma BD, j'ai voulu croire et donner leurs chances à d'autres hommes, à d'autres histoires d'amour. Et malgré tout, Jean-flo me manque, et j'ai mal de son absence. Il est mort Mr M., aucun psy ne pourra me le ramener.... Je ne me laisse pas aller, je passe mon temps à lutter, à affronter la vie. Je commence à être fatiguée. Je suis épuisée en réalité. Que veux-tu que je fasse de plus ? Comment puis-je investir encore plus le monde des vivants ? Que puis-je faire d'autre ? Aujourd'hui, je suis lasse, lasse d'affronter la vie, d'essayer de croire. Je n'ai plus d'espoir. J'avais besoin que tu me tendes la main, et pour toi, parce que tu m'aurais offert de l'espoir avec ta confiance et ton amour, j'aurais trouvé la force de lutter, d'aller voir qq'un, malgré mes doutes. Pour qq'un, pour la personne que j'aime, pour la personne avec qui je suis, pour mon homme, pour l'espoir. Seule, je n'ai pas d'espoir, pas la force, pas l'envie.... J'avais besoin d'un peu de répit, j'avais besoin d'une épaule, de l'épaule de l'homme que j'aime, d'une main dans la mienne....J'avais besoin que qq'un me transmette de sa force, que qq'un m'aide à avancer. Je lutte seule depuis trop d'années, j'ai affronté trop de douleur toute seule. Aujourd'hui, j'avais besoin que l'amour me soutienne un peu.... Voilà. Un gros mail pour t'expliquer ce que je ressens. Je ne sais pas si tu comprends. Je suis triste, je suis mal, j'ai le coeur en lambeaux, qui se liquéfie dans ma poitrine. On aurait dû se voir ce soir, j'ai mal de savoir qu'on ne se verra pas.... Comme nous sommes séparés, il vaut mieux qu'on ne se voit plus. Ca me fait horriblement mal. J'aimerais être auprès de toi, mais tu ne peux pas. Tu peux être là en tant qu'ami, mais j'ai besoin de plus. J'ai besoin que tu m'embrasses, que tu me calines, et tu ne veux pas. Te voir en étant séparé me fait bien trop de mal, tu l'as vu hier. J'aurais adoré te faire progresser sur la colère, adoré t'aider pour le theatre comme hier. Je ne pourrais pas. Il faut que je fasse le deuil de nous deux, je veux le faire vite. Je n'en peux plus de souffrir, je veux passer à autre chose, vite, vite. Car je ne tiens plus. Je ne vais plus te voir pendant un temps et quand nous nous reverrons, je pourrais être de nouveau amie avec toi. Tu vas me manquer. Et vraiment, merci encore d'avoir été là hier pour moi, merci, vraiment. J'insiste, tu es un homme merveilleux, tu mérites réellement une histoire qui t'apporte, une histoire qui te corresponde, tu mérites une femme bien. Mr M., je te souhaite sincèrement d'être heureux. Je t'embrasse." Booooooooooon, ça a mis du temps mais nous nous sommes remis ensemble (encore et oui...). Finalement, il est arrivé à me pardonner pleins de choses, mes infidélités, mes doutes, mes névroses. Il me supporte dans ma complexité et c'est vrai que je suis mieux... J'ai moins mal, je me sens plus légère, plus à même d'affronter la vie. Je suis mieux quand il est à mes côtés.... Je crois qu'il m'aime sincèrement, au vu de tout ce qu'il a eu à endurer....Il m'aime et je l'aime aussi. J'ai mal quand nous sommes loin, je suis heureuse près de lui. Mr R. me fait tjs de l'effet, c'est vrai, mais j'aime mon blond, qui a sa dose de névrose aussi, mais je l'aime ainsi. Il me fait rire, il me soutient, parfois maladroitement, mais il me donne, et je lui donne. Pour le moment, je me sens bien. Je n'ai plus ses sordides idées noires et vraiment, ça fait un bien fou.... L'avenir nous dira ce qu'il en est....
Lundi 11 février : into the wild, into the pain...
Publié par selfhiya dans La vie, simplement : 2008
Je ne m'en remets pas encore. Hier soir, avec des amis, je suis allée voir "into the wild", le dernier film de Sean Penn. J'en suis sortie littéralement bouleversée, brassée. Je ne pouvais m'arrêter de chialer, je versais des flots de larmes, impossible à retenir. Je suis partie en urgence, je ne voulais, je ne pouvais voir personne. Comme j'étais triste !
J'ai encore du mal à saisir précisément les raisons...Je les devine, je les perçois, mais je ne peux toute les conceptualiser. J'ai eu mal. Je ne voulais pas voir cet héros mourir, je ne voulais pas qu'il meure ! Et je le comprenais. Je le saisissais totalement, pleinement dans sa quête, dans sa douleur, dans ce besoin incontrôlable et destructeur de retrouver du sens ! Du SENS bordel ! Du sens à sa vie, à la vie, à la société, à tout ce qui l'entoure. Et cette impossibilité maladive, pathologique à investir suffisamment ses rencontres, les gens qui l'entourent, ceux qui l'aiment. Ces gens.... Nos autres. Il se cherche, il se cherche désespérément. Avec l'obstination folle du désespoir. Et il en meurt, il perçoit la vérité, il la voit enfin, l'amour. Être heureux ensemble, à plusieurs, à deux. Aimer. Mais il ne trouve cette vérité que seul, personne ne parvient à la lui faire entrevoir auparavant. Personne. Personne ne peut le retenir, personne ne peut le sauver. Pris au piège de la nature, il meurt empoisonné par des plantes dont il s'est nourrri par erreur. Alors qu'il avait enfin atteint la vérité. Alors qu'il avait enfin compris. Il était finalement pris au piège de son propre passé, de ses propres névroses, de ses propres angoisses. La nature n'est qu'une métaphore... Bien sûr, ce n'est qu'un film, mais ce jeune homme a existé et est mort. Ce jeune homme a été. Et personne n'a pu le sauver, même pas lui-même. Comme je n'ai pu sauver Jean-Flo. J'ai eu l'horrible impression de revoir mourir Jean-Flo hier soir. Ce jeune homme si beau. Je voulais me jeter dans l'écran pour les ramener à moi, pour les sauver, pour changer le passé. Ho, Jean-Flo, quand la corde a coulé autour de ton cou, quand l'étau de la mort a brisé tes cervicales, quand ton splendide corps s'est jeté dans le vide, as-tu compris ? As-tu réalisé pendant ces fugaces millièmes de seconde, que tu avais touché le bonheur ? Que nous ne pouvions être plus heureux ? Que nous avions tout ? Tu m'avais moi, et je t'avais toi, et j'aurais été à toi pour toute l'éternité, pour l'infini et au-delà si nécessaire, pour cette vie et celles qui auraient suivies...Mon amour, mon ange....L'as-tu vu ? Ce sens que tu cherchais si follement, ce bonheur, ce bien-être...L'as-tu perçu ? Es-tu vraiment mieux maintenant ? Là où tu es...Parce que moi pas. Oh, sans toi mon homme, ma vie, sans toi, tu es celui avec qui je voulais partager ce bonheur, mon compagnon, mon complice, mon âme soeur.... Je n'arrive plus à me débarasser de la douleur. Elle est toujours là, prégnante, violente, destructrice. J'aurais beau fuir, elle me suivra, partout où je chercherai à disparaitre. Mon bel ange. Je donnerais ma vie, tout ce que j'ai pour te revoir. Je ne suppporte plus ton abscence, ton manque, tout ce que tu étais et qui n'est plus. Je voudrais tant te revoir. Je n'arrive toujours pas à réellement comprendre pourquoi ce film m'a tant affecté, il résonne en moi mais je ne saisis pas encore complètement où. Mais je suis encore sous le choc aujourd'hui, encore bouleversée, tiraillée, nouée, brisée.... Je ne voulais pas voir cet héros mourir...je ne voulais pas te voir mourir, te voir mort. Je ne veux plus perdre ceux que j'aime, je ne veux plus de ce fardeau, de cette croix à porter, de cette blessure qui jamais ne se referme, qui continue à me mordre, à me fendre jour après jour. Je continue à persévérer, à survivre, à espérer... Aujourd'hui, tout me parait futil, vain, sans raison. J'observe les gens dans la rue...et je ne comprends pas. Ne le voyez-vous donc pas ?? Tout le monde est seul ! Tout le monde au milieu de cette foule permanente ! Que faites-vous ? Pourquoi vous levez-vous le matin ? Pourquoi travaillez-vous ? Que cherchez-vous à faire, à voir ? Pourquoi mettez-vous un pas après l'autre ? Où allez-vous ? A quoi ça rime ? Qu'espérez-vous ? Qu'attendez-vous de cette vie ? Que vous apporte-t-elle ? Quel est votre sens ? Pourquoi une famille, pourquoi des enfants ? Pourquoi tout ? Quel est le bonheur, quelle est votre joie ? Êtes-vous serein le matin au réveil, paisible, heureux d'ouvrir les yeux, pleinement heureux ? Pourquoi ?!! Pourquoi ?!!!! Je vous regarde, je les regarde, et j'ai l'impression d'avoir les yeux grands ouverts sur un monde aveugle...Je ne perçois pas de raison, et je sais qu'il n'en existe aucune. Le travail, le matériel, la possession, la propriété, tout est si futil, si inutile, si dénué de sens... Je devrais partir, partir loin, vivre en communauté, de choses simples et sans lendemain parce que tout meurt. Me nourrir de ce que je produirai et de l'amour de mes pairs... Rien d'autre. La société occidentale est malade, gangrénée. Elle ne peut apporter que malheur et nuisance, que douleur et pauvreté. Elle est conçue par la perversion et le vice : l'argent, la corruption, le pouvoir, l'envie, la jalousie, l'opulence décadente, l'abrutissement, la consommation, le matérialisme, la haine, la colère, l'esclavagisme, la mécanisation, la robotisation, la déshumanisation, l'oubli, la manipulation, les médias, la politique.... Tout nous perd. On nous pousse à nous perdre nous-mêmes, à perdre le fil, ce fil de l'existence. On oublie d'aimer. On en oublie le sens, la valeur. Cette société nous réduit à l'état de pantins, de marionnettes désarticulés en mal d'amour et de vérité, des pantins qui se transforment en poupée envieuses de leurs prochains, colériques et mauvaises. Noyées dans cette sur-consommation, noyée dans des faux besoins, des fausses nécessités, des leurres. Je ne suis pas à ma place ici. Je n'appartiens pas à cet univers. Je mourrai si je ne parviens à me construire autrement. Je veux de l'amour, de la simplicité. Juste de l'amour et de l'art. Juste ça. Une communauté, une havre de paix, un refuge. J'ai besoin d'exil, de me ressourcer, de retrouver mon amour. J'aime. Je suis aimée. Je veux construire sur ces bases.... Derniers sondages
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Jeudi 04 Décembre 2008 à 17:53

