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Vendredi 7 décembre : un réveillon douloureux....

Mercredi 02 Janvier 2008 à 16:16

Publié par selfhiya dans La rupture

Bien. Bon.
Déjà bonne année à tout le monde ! Hop, ça, c'est fait.
Que s'est-il passé depuis ?
Oulà, pleins de choses....et pas tant paradoxalement, la vie quoi.
Par où commencer...Le fameux reveillon de noël entre potos. Vi, ça, c'est une chose. Mr M. et Miss Ma. donc étaient présents. Ma foi, rien de notable à leur sujet. De surcroît, j'ai décidé de faire totalement confiance à mon amie. Quoiqu'elle fasse, je sais qu'elle ne me veut que du bien et à partir de là, je me dois de lui faire confiance, surtout qu'elle redouble d'efforts et d'attention à mon égard. En fait, le réel événement marquant de la soirée fut que je pétais un cable, un gros cable. Je ne sais comment l'exprimer. A un moment, alors que je dansais, que je m'amusais, fondamentalement, je petais un cablon. Comment dire ? Déjà, je m'étais faite belle, j'avais mis un bustier, une tit jupette, le tout fraichement acheté dans l'aprem, je m'étais maquillée, parfumée, coiffée, bref, la totale. Totale qui laissait de marbre le pov Mr M. ou du moins, il agit comme tel. Bref, au fond, ce n'est qu'un détail mais celui-ci rajouté à d'autres fit qu'à un moment précis au cours de la soirée, je me sentis oppressée comme jamais. Je me sentis perdue, désemparée, bouleversée. Je ne sais comment l'expliquer. J'avais du mal à respirer, je me sentais horriblement seule, seule comme jamais, seule à jamais...Pas d'espoir. D'un coup, il n'y avait plus d'espoir, il n'y aurait plus jamais d'espoir, il avait été rayé de ma vie, pas d'avenir, pas d'espoir, pas de jours meilleurs, le rien, le vide, le néant. C'était l'horreur. Douloureux, même physiquement. Et je partis. Je ne pouvais plus rester avec eux, il fallait que je parte, que je m'enfuis, que je disparaisse. Et donc, sans dire un mot, je pris mon manteau et partit marcher dans la nuit. Je pleurais, je désespérais, mes pas me menèrent naturellement à "mon" pont, le pont sur lequel je fantasme, le pont d'où je veux sauter, "mon ptit pont" quoi...Je regardais le vide, la rivière, je rêvais m'y jeter dedans, j'y songeais, mais de nombreuses personnes traversaient ce putain de pont et aussi, j'avais peur. L'eau est putain de basse en dessous bordel. Je m'asseyais sur le muret. Je contemplais l'eau s'écoulant sous mes pieds, je me voyais sauter dedans. Les gens passaient et ne me voyaient pas. Et ce n'est pas tout à fait vrai, une jeune fille s'arrêta auprès de moi : "ça va ?", "oui, oui, pas de souci". D'autres "saute pas hein ?". Les cons, ils plaisantent, mais si, j'aimerais sauter merde ! Et en même temps, ça me touchait, ces petites reflexions à la con, ça me rappelait de manière indicible qu'il y a des personnes autour de nous, des inconnus, des étrangers et que quelque part, ils ont conscience des choses et veulent agir à leur portée. Les gens parfois, nous regardent et d'un mot, d'un geste, expriment un tant soi peu, leur soutien. Je m'éloignais, je descendais près de la rivière et je me laissais aller, je pus m'effonder, pleurer toutes les larmes que je retenais, hurler, jeter des pierres, avancer dans l'eau jusqu'à ce que j'ai froid aux godasses, me taper la tête contre le mur, je ne vous le conseille pas, ça fait mal. Puis, j'arrêtais. Je n'y parviendrai pas, je n'arriverai pas à sauter, ni même, à aller m'enfoncer dans la flotte. Je le réalisai pleinement, rien à faire, j'avais bien trop peur de mourir. Peur de me noyer, peur que tout s'arrête. Je ne sais combien de temps je resta dehors, mais je me décida à rentrer. Sur la route, des pensées folles me venaient à l'esprit : "peut-être n'ont-ils rien vu, qu'ils continuent leur soirée comme si de rien n'était et que je vais rentrer inaperçu ?", mais au fond, j'avais peur, et surtout, j'avais honte. Regardez cette grosse lâche qui n'est pas fichue de se suicider, la poltronne, le gros caca qui vous fait faire un sang d'encre et qui revient comme une merde. Dans ma folie, je me disais même qu'ils "méritaient" que je me tue, pas pour les punir les vilains, non, pas du tout, c'était plus du genre, je vous fais faire du souci pour rien, je pars et je reviens, y'a quelque chose de tellement minable dans cette attitude, c'est indigne de ma part de revenir, au moins, si je saute, ce sera plus classe, j'ai du mal à expliquer cette pensée complètement tordue parce qu'évidemment, aujourd'hui, je vais mieux, et que j'ai du mal à restituer les pensées folles qui parcouraient mon esprit malade pendant ces heures de crise...Mais je crois qu'il y avait une idée de ce type. Je me trouvais lâche, et larmoyante. Lâche parce que je n'étais pas fichue de sauter, de me foutre en l'air. Lâche parce que j'en parle constamment et que je suis qu'une lopette qui se dégonfle quand l'occaz se présente. Je glorifiais l'acte du suicide à ce moment, comme si c'était courageux de se suicider, comme si c'était une marque de bravoure. Je vous l'ai dis, c'est tordu...Je trouve qu'il y a en effet, une forme de courage, dans le suicide, parce que putain, ça fait flipper, mais vraiment, mais ce n'est pas un courage au sens commun du terme, et il n'y a pas de lâcheté à ne pas pouvoir se suicider. Putain, je suis pas claire, je m'en rends compte mais tant pis, j'essaie de restituer au mieux mes pensées d'alors. Bref, je me disais que vu le sang d'encre que j'ai dû leur causer, si j'avais plongé, au moins, ils ne seraient pas inquiétés pour rien, alors que là, ça rendait une impression mélodramatique pathétique de ma part. Ca faisait "appel au secours" pubertaire. J'en sais rien, j'avais tellement honte de moi que je pensais qu'en sautant, au moins, j'aurais eu l'air moins stupide, moins gamine, moins risible, la peur incroyable que je leur créais aurait été justifiée, alors que là, j'avais juste l'air d'une emmerdeuse à la con qui leur pourrit la soirée pour aller faire un tour en douce....Bref, j'étais pas en forme. Et ces pensées montrent que je continuais de nier ma souffrance. Regarde si tu peux pas sauter, ça veut dire que t'as pas mal en fait ! T'es qu'une menteuse, t'en rajoutes, tu ressens rien, t'en fais des tonnes, tu fais chier ! Comme s'il fallait vraiment que je me mette en danger pour accepter à quel point j'ai mal. Regarde, c'est tout du chiqué, t'arrives pas à te flinguer, la vérité, c'est que t'as pas si mal que ça ! Frimeuse ! Tu souffres pas tant que ça de la mort à Jean-Flo, la vérité, c'est que tu l'aimais pas autant que tu le prétends, sinon, tu serais déjà morte connasse ! Montre, montre putain, à quel point tu l'aimais, à quel point tu l'aimes encore ! Voilà, ça doit être ça, en vivant, en restant en vie, je me sens indigne, j'ai l'impression que notre si belle histoire d'amour mérite que je souffre bien plus, qu'il mérite que je souffre encore et encore, qu'il mérite que je le rejoigne...sinon, c'est que je ne l'aime pas assez....Je ne dis pas que c'est malin comme façon de penser, pas que c'est sain, évidemment, ça ne l'est pas, mais c'étaient mes pensées. Or, c'est con, rien que de raisonner ainsi montre ma souffrance, ma douleur, mon manque. Et vouloir mourir est déjà une preuve suffisante d'un vrai mal-être, d'une vraie douleur, d'un vrai manque, d'un vrai amour. Et même là, je déconne à pleins tubes, je n'ai pas à souffrir pour être digne de mon amour, je n'ai pas à vouloir mourir, je n'ai pas à avoir mal plus que je ne souffre déjà, ce n'est pas dans la douleur que je rends grâce à notre amour passionnel....Je l'aimais, je l'aime encore, je l'aimerai toujours...Je n'ai pas à mourir pour le prouver...

Bref, je rentrais donc. Et là, je les vis. Mes amis, ils se jetèrent sur moi, m'enlacèrent, m'embrassèrent, furent vraiment heureux de me revoir. J'étais partie longtemps, ils s'étaient monstrueusement inquiétés, ils m'avaient cherché dans toute la ville, avaient appelé tous nos autres amis pour savoir s'ils m'avaient vu. J'avais tellement honte de moi, je me sentais tellement coupable, je m'en voulais horriblement...Et j'étais heureuse de voir leur soulagement et leur amour aussi. Sauf Mr M., Mr M....Il s'était fait engueuler par Miss Lu, et Miss Ion (une autre de mes amies qui a été d'un soutien incroyable, en fait, depuis cette soirée, nous nous sommes bien rapprochés), et le sieur en a été tout vexé...Chez lui, je discernais plus de la colère, de la rancoeur que du soulagement...Il en voulait aux filles, il m'en voulait, il partit et refusa de me prendre dans ses bras. C'était horrible. Mais il promit de m'appeler le lendemain. Miss Ma., Miss Lu., Miss Ion dormirent à la maison et le lendemain, ça allait mieux. Mais Mr M. avait fait de la crotte, ok, moi aussi, mais que sa colère passe avant son amour, sa tendresse, son affection pour moi, c'était raide. Sur le coup, je trouvais ça normal, je m'en voulais tellement qu'il aurait pu me jeter des caillasses à la gueule que j'aurais trouvé que je l'avais bien cherché. C'est aujourd'hui que je trouve qu'il a pas assuré. J'avais vraiment eu mal, je ne fais jamais de choses de ce genre, c'est la première fois que je me barrais au cours d'une soirée, généralement, je suis plutot la poilante qui fait la con au cours des soirées, et il n'a été ni présent, ni compréhensif...ma foi...

Bref, un moment très difficile, très éprouvant mais riche d'amour et d'émotions....
 
 
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