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Articles de la rubrique "La vie, simplement : 2008"
Lundi 11 février : into the wild, into the pain...
Publié par selfhiya dans La vie, simplement : 2008
Je ne m'en remets pas encore. Hier soir, avec des amis, je suis allée voir "into the wild", le dernier film de Sean Penn. J'en suis sortie littéralement bouleversée, brassée. Je ne pouvais m'arrêter de chialer, je versais des flots de larmes, impossible à retenir. Je suis partie en urgence, je ne voulais, je ne pouvais voir personne. Comme j'étais triste !
J'ai encore du mal à saisir précisément les raisons...Je les devine, je les perçois, mais je ne peux toute les conceptualiser. J'ai eu mal. Je ne voulais pas voir cet héros mourir, je ne voulais pas qu'il meure ! Et je le comprenais. Je le saisissais totalement, pleinement dans sa quête, dans sa douleur, dans ce besoin incontrôlable et destructeur de retrouver du sens ! Du SENS bordel ! Du sens à sa vie, à la vie, à la société, à tout ce qui l'entoure. Et cette impossibilité maladive, pathologique à investir suffisamment ses rencontres, les gens qui l'entourent, ceux qui l'aiment. Ces gens.... Nos autres. Il se cherche, il se cherche désespérément. Avec l'obstination folle du désespoir. Et il en meurt, il perçoit la vérité, il la voit enfin, l'amour. Être heureux ensemble, à plusieurs, à deux. Aimer. Mais il ne trouve cette vérité que seul, personne ne parvient à la lui faire entrevoir auparavant. Personne. Personne ne peut le retenir, personne ne peut le sauver. Pris au piège de la nature, il meurt empoisonné par des plantes dont il s'est nourrri par erreur. Alors qu'il avait enfin atteint la vérité. Alors qu'il avait enfin compris. Il était finalement pris au piège de son propre passé, de ses propres névroses, de ses propres angoisses. La nature n'est qu'une métaphore... Bien sûr, ce n'est qu'un film, mais ce jeune homme a existé et est mort. Ce jeune homme a été. Et personne n'a pu le sauver, même pas lui-même. Comme je n'ai pu sauver Jean-Flo. J'ai eu l'horrible impression de revoir mourir Jean-Flo hier soir. Ce jeune homme si beau. Je voulais me jeter dans l'écran pour les ramener à moi, pour les sauver, pour changer le passé. Ho, Jean-Flo, quand la corde a coulé autour de ton cou, quand l'étau de la mort a brisé tes cervicales, quand ton splendide corps s'est jeté dans le vide, as-tu compris ? As-tu réalisé pendant ces fugaces millièmes de seconde, que tu avais touché le bonheur ? Que nous ne pouvions être plus heureux ? Que nous avions tout ? Tu m'avais moi, et je t'avais toi, et j'aurais été à toi pour toute l'éternité, pour l'infini et au-delà si nécessaire, pour cette vie et celles qui auraient suivies...Mon amour, mon ange....L'as-tu vu ? Ce sens que tu cherchais si follement, ce bonheur, ce bien-être...L'as-tu perçu ? Es-tu vraiment mieux maintenant ? Là où tu es...Parce que moi pas. Oh, sans toi mon homme, ma vie, sans toi, tu es celui avec qui je voulais partager ce bonheur, mon compagnon, mon complice, mon âme soeur.... Je n'arrive plus à me débarasser de la douleur. Elle est toujours là, prégnante, violente, destructrice. J'aurais beau fuir, elle me suivra, partout où je chercherai à disparaitre. Mon bel ange. Je donnerais ma vie, tout ce que j'ai pour te revoir. Je ne suppporte plus ton abscence, ton manque, tout ce que tu étais et qui n'est plus. Je voudrais tant te revoir. Je n'arrive toujours pas à réellement comprendre pourquoi ce film m'a tant affecté, il résonne en moi mais je ne saisis pas encore complètement où. Mais je suis encore sous le choc aujourd'hui, encore bouleversée, tiraillée, nouée, brisée.... Je ne voulais pas voir cet héros mourir...je ne voulais pas te voir mourir, te voir mort. Je ne veux plus perdre ceux que j'aime, je ne veux plus de ce fardeau, de cette croix à porter, de cette blessure qui jamais ne se referme, qui continue à me mordre, à me fendre jour après jour. Je continue à persévérer, à survivre, à espérer... Aujourd'hui, tout me parait futil, vain, sans raison. J'observe les gens dans la rue...et je ne comprends pas. Ne le voyez-vous donc pas ?? Tout le monde est seul ! Tout le monde au milieu de cette foule permanente ! Que faites-vous ? Pourquoi vous levez-vous le matin ? Pourquoi travaillez-vous ? Que cherchez-vous à faire, à voir ? Pourquoi mettez-vous un pas après l'autre ? Où allez-vous ? A quoi ça rime ? Qu'espérez-vous ? Qu'attendez-vous de cette vie ? Que vous apporte-t-elle ? Quel est votre sens ? Pourquoi une famille, pourquoi des enfants ? Pourquoi tout ? Quel est le bonheur, quelle est votre joie ? Êtes-vous serein le matin au réveil, paisible, heureux d'ouvrir les yeux, pleinement heureux ? Pourquoi ?!! Pourquoi ?!!!! Je vous regarde, je les regarde, et j'ai l'impression d'avoir les yeux grands ouverts sur un monde aveugle...Je ne perçois pas de raison, et je sais qu'il n'en existe aucune. Le travail, le matériel, la possession, la propriété, tout est si futil, si inutile, si dénué de sens... Je devrais partir, partir loin, vivre en communauté, de choses simples et sans lendemain parce que tout meurt. Me nourrir de ce que je produirai et de l'amour de mes pairs... Rien d'autre. La société occidentale est malade, gangrénée. Elle ne peut apporter que malheur et nuisance, que douleur et pauvreté. Elle est conçue par la perversion et le vice : l'argent, la corruption, le pouvoir, l'envie, la jalousie, l'opulence décadente, l'abrutissement, la consommation, le matérialisme, la haine, la colère, l'esclavagisme, la mécanisation, la robotisation, la déshumanisation, l'oubli, la manipulation, les médias, la politique.... Tout nous perd. On nous pousse à nous perdre nous-mêmes, à perdre le fil, ce fil de l'existence. On oublie d'aimer. On en oublie le sens, la valeur. Cette société nous réduit à l'état de pantins, de marionnettes désarticulés en mal d'amour et de vérité, des pantins qui se transforment en poupée envieuses de leurs prochains, colériques et mauvaises. Noyées dans cette sur-consommation, noyée dans des faux besoins, des fausses nécessités, des leurres. Je ne suis pas à ma place ici. Je n'appartiens pas à cet univers. Je mourrai si je ne parviens à me construire autrement. Je veux de l'amour, de la simplicité. Juste de l'amour et de l'art. Juste ça. Une communauté, une havre de paix, un refuge. J'ai besoin d'exil, de me ressourcer, de retrouver mon amour. J'aime. Je suis aimée. Je veux construire sur ces bases.... |
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Lundi 11 Février 2008 à 15:04

