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Articles de la rubrique "Correspondance avec mr m."
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Alors là, si je me souviens bien, on avait rompu -encore une fois, me direz-vous et vous avez raison - avec mon Mr M. et je tentais plus ou moins vainement de me mettre dans la dynamique de "allez, avançons, c'est fini, faut y aller msieur dames...", tout en conservant ben sûr le secret espoir que mon blond revienne vers moi....Bref, un travail de deuil tout pourri. Je voulais le récupérer, c'est tout. Et j'essayai vainement de me convaincre du contraire...


"Mr M.,

hier, tu m'as dit de me reposer et de ne pas te parler sur l'instant.
J'ai été sage, je t'ai écouté, j'ai dormi comme un bébé et j'ai aujourd'hui l'esprit plus clair pour te dire ce que je pense.
Et je pense pleins de choses.

Déjà, merci, merci, merci d'avoir été là pour moi hier.
Peu de gens ont eu le privilège (un privilège, tu parles, belle ironie Lili....) de me voir dans l'état dans lequel tu m'as vu hier. J'en ai terriblement honte. Je n'aime pas, que dis-je, je hais ! afficher aussi ostensiblement ma douleur....Je me trouve faible, pathétique, vulnérable, fragile, geignarde....Je déteste me montrer dans cet état. (ndr : faut dire que j'ai passé une exécrable soirée, en larmes, gémissante, affreux...pas bô à voir...) Même Miss Lu. ne m'a jamais vu aussi mal, jamais, je ne me suis laissée aller ainsi avec elle. Elle m'a vu triste, pas bien, mais jamais aussi désespérée. Ah si, une fois, après que j'ai pris la tonne de médocs, là, forcément, elle m'a vu dans un très sale état....mais très vite, j'ai recommencé à plaisanter, à faire de l'humour, à déconner, à ironiser....Et c'est la seule fois où elle a eu droit à un tel spectacle, d'une affligeance déplorable....

Si je me laissais aller, je pourrais être ainsi tous les jours, quelle horreur ! Parce que bordel, j'ai mal, j'ai mal, tout le temps. Et de sentir à quel point j'ai constamment mal, fait que je veux disparaitre, que je me sens au bout du rouleau, que je souhaite que ça s'arrête.
Je suis lasse d'avoir mal, lasse de souffrir. Lasse d'espérer en l'amour et de me prendre des claques, lasse d'essayer de vivre, lasse d'essayer de croire.
J'ai été bien. Quand on était ensemble, quand on a essayé. J'ai été bien et donc, j'ai eu peur. Peur de perdre ce bien, peur d'avoir mal à nouveau, mal à en crever. Je t'ai parlé des conséquences de mes craintes en toute sincérité, résultat ? je t'ai perdu....Je me suis alors rendue compte à quel point j'avais envie de lutter contre mes peurs, envie de croire en nous, envie de vraiment tout donner à notre histoire. (ndr : oui et non. Je ne sais pas trop si je suis sincère là... Mes craintes ? C'était que j'avais peur d'être infidèle lui ais-je dit, la vérité, c'est que j'avais déjà été infidèle et que je m'en voulais...Je ne sais pas si j'avais envie de tout donner à ce moment, j'aimais encore Mr R...Pourtant, une part de moi voulait sans doute y croire, et l'autre doutait à mort...)
Tu ne veux pas.
L'impression que ça me laisse est horrible. Tu ne m'accordes pas ta confiance (ndr : et à raison !), c'est douloureux, très.
Mes peurs t'ont fait fuir. C'est douloureux.
J'étais bien, et le prix à payer pour mon honnêteté (ndr : hum, hum, quelle mauvaise foi, j'ai honte de moi...) a été l'abandon, c'est cher payé. J'avais peur de perdre, encore, et j'ai perdu, encore.
Marre de perdre, marre de croire, marre d'essayer et de me prendre des portes dans la gueule.
Marre de m'effondrer, de sombrer. (ndr : gnagnagna, quelle chouineuse sérieux...)

Oui, j'ai eu des comportements étranges, oui, j'ai couché avec un autre, oui, on a été tout love, et alors, j'ai pris peur, et j'ai eu un comportement qui t'a posé, à juste titre, question. Oui, oui, oui.
Mais putain Mr M., quand on me laisse, j'ai envie de mourir, je me fous des coups de tesson de verre dans le bras, je deviens folle, je ne me contrôle plus, j'essaie et je n'y arrive pas....La douleur m'envahit, me broie, me détruit. Dans ces moments, je ne souhaite qu'une chose, mourir, mourir, mourir. (ndr : vrai hélas pour le coup...) Je me strangule, je me donne des coups, je me détruis. Et un jour, j'ai peur de me tuer vraiment. Je ne sais pas si je le ferai, j'espère évidemment que non.
Je hais te dire ça, je trouve ça ridicule....mais je suis sincère....Je me sens sur la corde raide, prête à sombrer.
Putain, je ne suis qu'une merde. J'ai tellement honte....

Alors forcément, quand j'étais avec toi, j'étais bien, vraiment, et plus je l'étais, plus j'avais peur. Parce que je me disais : "s'il me quitte, je ne pourrai pas le gérer, ça me tuera....", au sens propre du terme.
Et du coup, j'ai eu peur. Parce qu'une part de moi, la part vivante, joyeuse, qui lutte, la part la plus visible la plupart du temps, ne souhaite pas mourir. Mais la part qui souffre, la part qui a mal de la mort à Jean-Flo, la part qui a déjà bien trop souffert, est toujours là et me fait dérailler. Cette part veut juste rejoindre Jean-Flo, l'homme qui m'a tellement mais tellement aimé, et qui d'une certaine manière, m'aimera toujours....
Et lorsqu'on me quitte, je me dis que l'amour est mort, que le seul homme qui m'ait jamais aimé, et qui saura m'aimer est sous terre, et qu'il n'y aucune solution, si ce n'est le rejoindre....
J'ai peur de ma part sombre. J'ai eu peur d'être exclusive dans notre couple, par crainte des conséquences si tu me laissais. En étant non exclusive, je me laissais une porte de sortie, en fait, plus exactement, une porte de survie. Ok, il me quitte, mais je ne suis pas seule....Je ne sais pas si tu comprends....

Et je t'ai parlé de ses craintes. Et je t'ai perdu.
Et ça a été horrible. Encore maintenant.
Je n'ai pas le droit à l'erreur, je n'ai pas le droit d'avoir peur, je n'ai pas le droit d'avoir mal.
Personne ne peut supporter qq'un comme moi, personne ne veut être à mes côtés. Je le comprends.
Je suis fragile, sur la brèche, fébrile, inquiétante, compliquée, névrosée, torturée, passionnée, violente, suicidaire....
Si je suis sincère avec qq'un, si je suis vrai, si je suis moi-même, si je me montre en entier, la personne fuit. Elle refuse de m'aimer, elle refuse d'être mon homme. Et qui pourrait l'en blâmer ??!!

J'aurais aimé que tu me donnes une chance, que tu me fasses confiance, que tu m'acceptes en entier, avec mes peurs, mes angoisses, mes névroses. Parce que si tu l'avais fait, si tu m'avais voulu à tes côtés, ça m'aurait redonné espoir en l'amour, en la vie, en moi. Je me serais dit "je peux être moi, je peux exister, je peux être aimée malgré mes félures, malgré mes blessures. Il m'aime malgré tout, il veut de moi malgré tout, il me pardonne, il me comprend...Je vais tout faire pour que nous soyons heureux...."
Pour toi, je serais allée consulter, pour toi, j'aurais donné tout ce que j'ai pour vaincre mes peurs, pour toi, j'aurais lutté. Mais j'avais besoin que tu me tendes la main, que tu sois là, près de moi, que tu sois mon homme. J'avais besoin de me sentir aimée et comprise....pour trouver la force, la force de dépasser toutes mes peurs. J'avais besoin d'espoir, et tu aurais pu me redonner espoir.
Mais tu ne veux pas. Tu as peur, tu crains d'avoir mal, tu ne veux plus souffrir par ma faute. Tu n'es pas prêt, tu n'as pas envie. Je le comprends d'une certaine manière. Mais ça fait trop mal.

Hier, je n'avais plus d'espoir. Je n'ai plus espoir qu'un homme m'aimera avec tout mon passé, avec toute ma douleur.
Mr M., je suis déjà allée consulter, plusieurs fois par semaine, pendant plusieurs mois.
Je souffre aujourd'hui parce que l'homme que j'aimais s'est pendu. Je n'étais pas comme ça il y a qq années, je n'avais jamais attenté à mes jours, je ne m'étais jamais donné des coups, je ne me tailladais pas les bras, je n'explosais jamais de colère....
Je souffre de la mort de Jean-Flo et je lutte tout le temps.

Que puis-je faire de plus ??
J'ai ré-investi le monde des vivants : 3 semaines après son suicide, je passais mes exams de maitrise, j'ai refais des blagues, j'ai déconné, je suis sortie, je suis partie en voyage, j'ai vu mes amis, tout le temps, j'ai continué mes études, j'ai repris le theatre, j'ai tenté de placer ma BD, j'ai voulu croire et donner leurs chances à d'autres hommes, à d'autres histoires d'amour.
Et malgré tout, Jean-flo me manque, et j'ai mal de son absence. Il est mort Mr M., aucun psy ne pourra me le ramener....
Je ne me laisse pas aller, je passe mon temps à lutter, à affronter la vie. Je commence à être fatiguée. Je suis épuisée en réalité.

Que veux-tu que je fasse de plus ?
Comment puis-je investir encore plus le monde des vivants ?
Que puis-je faire d'autre ?

Aujourd'hui, je suis lasse, lasse d'affronter la vie, d'essayer de croire. Je n'ai plus d'espoir.
J'avais besoin que tu me tendes la main, et pour toi, parce que tu m'aurais offert de l'espoir avec ta confiance et ton amour, j'aurais trouvé la force de lutter, d'aller voir qq'un, malgré mes doutes. Pour qq'un, pour la personne que j'aime, pour la personne avec qui je suis, pour mon homme, pour l'espoir.
Seule, je n'ai pas d'espoir, pas la force, pas l'envie....
J'avais besoin d'un peu de répit, j'avais besoin d'une épaule, de l'épaule de l'homme que j'aime, d'une main dans la mienne....J'avais besoin que qq'un me transmette de sa force, que qq'un m'aide à avancer.
Je lutte seule depuis trop d'années, j'ai affronté trop de douleur toute seule. Aujourd'hui, j'avais besoin que l'amour me soutienne un peu....

Voilà.
Un gros mail pour t'expliquer ce que je ressens. Je ne sais pas si tu comprends.
Je suis triste, je suis mal, j'ai le coeur en lambeaux, qui se liquéfie dans ma poitrine.
On aurait dû se voir ce soir, j'ai mal de savoir qu'on ne se verra pas....

Comme nous sommes séparés, il vaut mieux qu'on ne se voit plus.
Ca me fait horriblement mal. J'aimerais être auprès de toi, mais tu ne peux pas. Tu peux être là en tant qu'ami, mais j'ai besoin de plus.
J'ai besoin que tu m'embrasses, que tu me calines, et tu ne veux pas.
Te voir en étant séparé me fait bien trop de mal, tu l'as vu hier.
J'aurais adoré te faire progresser sur la colère, adoré t'aider pour le theatre comme hier.
Je ne pourrais pas.

Il faut que je fasse le deuil de nous deux, je veux le faire vite.
Je n'en peux plus de souffrir, je veux passer à autre chose, vite, vite. Car je ne tiens plus.
Je ne vais plus te voir pendant un temps et quand nous nous reverrons, je pourrais être de nouveau amie avec toi.
Tu vas me manquer.

Et vraiment, merci encore d'avoir été là hier pour moi, merci, vraiment.
J'insiste, tu es un homme merveilleux, tu mérites réellement une histoire qui t'apporte, une histoire qui te corresponde, tu mérites une femme bien.
Mr M., je te souhaite sincèrement d'être heureux.

Je t'embrasse."

Booooooooooon, ça a mis du temps mais nous nous sommes remis ensemble (encore et oui...). Finalement, il est arrivé à me pardonner pleins de choses, mes infidélités, mes doutes, mes névroses. Il me supporte dans ma complexité et c'est vrai que je suis mieux... J'ai moins mal, je me sens plus légère, plus à même d'affronter la vie. Je suis mieux quand il est à mes côtés....
Je crois qu'il m'aime sincèrement, au vu de tout ce qu'il a eu à endurer....Il m'aime et je l'aime aussi. J'ai mal quand nous sommes loin, je suis heureuse près de lui. Mr R. me fait tjs de l'effet, c'est vrai, mais j'aime mon blond, qui a sa dose de névrose aussi, mais je l'aime ainsi.
Il me fait rire, il me soutient, parfois maladroitement, mais il me donne, et je lui donne. Pour le moment, je me sens bien. Je n'ai plus ses sordides idées noires et vraiment, ça fait un bien fou....
L'avenir nous dira ce qu'il en est....





 

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Liste des 2 commentaires pour cet article :

les sentiments que tu decris dans ce mot est exactement ce que je ressens. Apres que mon copain m'ai quitte , 4ans qu'on etait ensemble , la derniere annee j'ai doute je lui ai dit, fait comprendre.Et puis je l'ai perdu
Il vient de se remettre aussito avec une autre fille, il m'aimait seulement du jour au lendemain il ma jetter , et il ma deja remplace.

Posté par visiteur_lulu | Jeudi 06 Novembre 2008 à 23:25

Tu es magnifique!!!!!! Incroyable. Cette poésie pour décrire ce que tu ressens. Superbe. Moi aussi je vis du passionnel à fond avec un mec qui n'est pas ce que j'aimerais qu'il soit..... Mais je pense que tout homme mérite qu'on reconnaisse les effors qu'ils font pour être à la hauteur, parfois. On dirait qu'ils recherchent trop à être rassurés eux-mêmes qu'ils en deviennent presque trop égocentriques, et nous, on les quitte, on se remet, on lutte avec nos démons et on ne demande qu'à être aimée! Bordel c'est quand-même pas si compliqué.

Je ne suis pas passée par ces moments difficiles mais je te soutiens comme je soutiendrai une soeur, la vie - je crois - mérite d'être vécue, et pas dans l'auto destruction, quoique je comprenne tout-à-fait ton appel au secours. Moi, sans mon copain qui n'est même pas vraiment une extension de moi-même tellement c'est....juste un mec, et bien c'est le vide sous mes pieds, la terre qui se dérobe et le trou qui m'engouffre..
Je vais te dire ce que ça révèle... Une peur panique de ne pas être aimée. Et ça, même un homme super solide peut en avoir peur. Parce que cet amour qu'il a pour une personne authentiquement écorchée, il devra le prouver à travers sa maturité et sa prise de position et responsabilité. Moi, perso j'y crois pas. Même si dans mes rêves j'aimerais. Pour moi le mec est aussi utile qu'un DVD, on le sort pour un bon moment. Je vois pas du tout ce qu'il m'apporte que je serai incapable de m'apporter toute seule. Non mais sérieux? Des siècles durant on a essayé de donner aux hommes des avantages qu'ils n'ont pas... Pourquoi se faire du mal? Perso j'en ai marre de rompre par frustration, et de m'appercevoir que je me bats contre moi-même. Le mec il est ce qu'il est.... A nous de prendre sur nous et d'apprendre...la vie.

Bonne chance ma belle. Je te connais pas, mais t'es une sorte de soeur. Bisous.

Posté par visiteur_felibelle | Jeudi 09 Octobre 2008 à 12:42

 
 
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